Une fabuleuse expérience d’humanité(s)

L’incroyable Tour du Monde, clôturé par un tour de France à vélo, a pris fin tout récemment.

Au delà d’une expérience personnelle et familiale extra ordinaire, source de transformations, voici en partage quelques enseignements.

Sortir de sa zone de confort est juste prodigieux : même si au début cela gratte un peu et met en inconfort, cela permet dans un deuxième temps, d’aller chercher des ressources insoupçonnées. Évoluer au milieu du bruit, des odeurs prenantes, des sollicitations permanentes et des repères si différents et qui changent en permanence, permet de découvrir que nous sommes capables d’aller bien au delà de ce que l’on imagine. Chacun, à différents niveaux, est capable de dépassement ; cela transforme et nourrit la confiance.

Le voyage, qu’il soit à l’autre bout du monde ou tout proche de chez soi, est une formidable ouverture pour aller découvrir l’inconnu. Bien sûr, cela nécessite de sortir des sentiers battus, de se laisser guider par l’intuition et l’envie. La clé pour « réussir » son aventure, est assez simple : partir avec une intention (c’est essentiel), puis se laisser porter par les rencontres et l’état d’esprit du moment, et le reste (logistique) suit bien plus facilement qu’on ne le croit.

Le voyage permet aussi de déconstruire nos conditionnements et nos si nombreux préjugés. Bien sûr, il est nécessaire au départ de vouloir partir à la découverte, en faisant fi de -presque- toutes les informations antérieures. Et là, vierges comme le nouveau né, mus par nos sens en éveil, on écoute en totale ouverture, loin de nos référents et avis pré-construits. Quel bonheur ! En poursuivant lors de mon tour de France à vélo, j’ai adopté la même attitude et que c’est bon de sortir des schémas habituels. Cela permet d’être au plus proche des gens et d’une forme de vérité.

Le détachement est une belle et agréable leçon de vie. Oui, il est possible de passer presque une année, avec quelques vêtements, presque pas d’affaires personnelles, de vivre dans des hébergements spartiates et de se déplacer grâce aux transports en commun, y compris à plus de 50 ans. Là, tout simplement, l’essentiel prend le dessus et les petits plaisirs qui sembleraient anodins en temps normal, deviennent de vraies joies.

Je pourrai continuer longtemps l’inventaire à la Prévert des innombrables bienfaits liés aux voyages, à l’esprit nomade et au détachement.

En revanche, il nous est tout à fait possible de choisir de vivre cela au quotidien et de le cultiver :

Qu’est-ce qui nous empêche de faire le tri dans nos affaires personnelles, pour choisir de conserver l’essentiel ? et de donner, vendre ou jeter le superflu ?

Qu’est-ce qui nous empêche de faire le tri dans nos relations, pour garder l’essentiel et surtout pour partir à la découverte de l’autre, sans préjugés et en osant la rencontre, parfois improbable ? C’est un état d’esprit qui se cultive.

Qu’est-ce qui nous empêche d’adopter un état d’esprit résolument positif, alors que la plainte semble être la règle ?

Oui, chacun d’entre nous peut opter et choisir de nouvelles pratiques, une relation aux autres différente et un mode de vie en évolution, voire en rupture avec la routine initiale. Je pense à cet homme de 78 ans qui parcourt le monde et continue à faire des marches en montagne de plus de 6 heures seul. Même si son corps lui rappelle la réalité de ses 78 printemps, il semble que son mental lui permette d’entreprendre avec ardeur. Il vit simplement et son ouverture au monde confirme sa jeunesse d’esprit.

Chacun à sa mesure, nous disposons de ressources intellectuelles, psychiques et physiques que l’on ne soupçonne pas…. sauf si on se met à les solliciter. Bien sûr, c’est plus facile à expérimenter lorsque la vie a été aimante avec vous. Parallèlement, j’ai une pensée pour tous les blessés de la vie, croisés aux quatre coins du monde et en France, pour qui le moindre effort se transforme en montagne à déplacer.

C’est aussi le dernier enseignement que j’en retire : que ce soit en milieu professionnel et/ou dans la vie de tous les jours, ceux qui ont plus de chance et sont mieux outillés pour affronter la vie, ont un devoir de solidarité et d’entraide vis à vis des plus démunis.

Ce que j’ai vu en parcourant le monde et la France, m’invite aussi à balayer toute naïveté sur le fonctionnement de la nature humaine, pour appeler à la responsabilité de chacun.

Avons nous conscience de ce qu’impliquent nos actes du quotidien ? Un exemple tout simple : vous souhaitez vous faire livrer un repas tout chaud chez vous. Avez vous remarqué qui vient vous livrer à vélo en ce moment ? A Nantes, une grande part sont des travailleurs en très grande précarité. Ils viennent d’arriver d’Afrique noire, dorment dans la rue (sous tente), n’ont pas de papiers, n’ont pas d’assurance et sont exploités par des personnes organisées qui perçoivent leurs revenus pour leur reverser des miettes. Nous sommes responsables de cette situation et avons le choix de ne plus recourir aux services qui les exploitent.

Alors, même si j’ai eu cette chance incroyable de voir, sentir la beauté du monde et la richesse de la nature humaine et ses forces, je nous invite à œuvrer pour créer les conditions d’un vivre ensemble apaisé et militer sans cesse pour que chacun prenne part à la construction d’un monde meilleur. Il y a urgence.

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