Colombie, la charmeuse et dangereuse

Tous les voyageurs au long court croisés, nous avaient prévenus. La Colombie déploie naturellement ses charmes.

Et c’est bien vrai ! Ce pays est un festival de couleurs, de sourires, de beaux paysages, d’animation, de jeunesse, de montagnes à n’en plus finir (des cols et des virages). D’ailleurs pour la Copa Américana de foot (en ce moment), j’ai l’impression qu’un colombien sur deux porte le maillot -jaune- de l’équipe nationale. Le foot est sûrement la seconde religion ici (ou à égalité avec le christianisme). Il se dit qu’après le match gagné (2-0) contre l’Argentine, les gens ne sont pas allés travailler le lendemain.

On pourrait vite se laisser tromper par cette apparente quiétude, presque insolente.

Pays de conflits depuis longtemps et cela va se poursuivre, même s’il règne une paix relative. Notre hôte nous explique, que lorsqu’un conflit est « réglé », un autre prend la relève. Les principaux pourvoyeurs de conflits existent toujours. Une très grande richesse aux mains d’une oligarchie (comme presque partout en Amérique du sud) et des îlots de grande pauvreté à l’opposé. Ce qui choque, c’est l’écart de « richesse ». A cela s’ajoute le problème endémique de la corruption (un vrai fléau dans l’administration, la police). Tout se paie si on veut obtenir une autorisation, un papier ou même du temps. A cela s’ajoute la présence toujours bien réelle de trafiquants de drogue qui prospèrent dans certaines régions.

Étonnement, au milieu de ce capharnaüm, le touriste peut évoluer en presque toute quiétude… comme si rien ne se passait d’important. Comme partout dans le monde, le touriste peut rester dans sa bulle et vivre dans son monde merveilleux des vacances. Bon, s’il commence à sortir un peu des sentiers battus, à prendre le bus avec les locaux et à observer, il ne peut plus ignorer la situation et devenir prudent.

On comprend aussi que les colombiens aspirent à trouver la quiétude, qu’ils sont plus tournés vers les choses heureuses et en oublient presque les difficultés du passé. C’est un atout, à la seule condition de tirer les leçons des errements antérieurs… pour ne pas y retomber. J’apprends en discutant, que Medellín, capitale économique et ancienne cité criminelle, aurait été pressentie pour devenir la capitale à la place de Bogotá… et que les décideurs ne veulent surtout pas, pour éviter à la corruption (liée aux services de l’état) de se déplacer d’une ville à l’autre. Je ne sais pas si c’est vrai, mais l’histoire donne le ton.

De notre côté, ce pays nous fait passer de températures clémentes voire fraîches à de très grosses chaleurs (impressionnantes) sur la côte caraïbe.

Bien sûr, nous avons été charmés par Carthagène et un quartier attenant (Getsémani) au centre historique, plus authentique et ancien lieu de vie des esclaves.

Partout en Amérique du sud, nous découvrons un continent traversé -historiquement- par la violence, la domination et dans certains cas l’extermination des populations indigènes. Cela explique probablement la violence particulièrement présente un peu partout.

Et puis on découvre aussi une profonde gentillesse de la population. Comment expliquer ces paradoxes ?

Notre périple touche bientôt à sa fin et nous sommes partagés (pas tous les trois sur la même longueur d’onde) entre le désir de rentrer et celui de poursuivre. Là où nous sommes logés à la même enseigne, c’est que nos organismes sont soumis à rude épreuve, en lien avec les conditions de vie (climat, hébergement) et de transport. Même si nous essayons d’être à la cool, nous sommes fatigués… et/mais très contents de ce que nous vivons.

Qui a osé dire que ces 300 jours de nomadisme étaient des vacances ? Une extraordinaire aventure, une chance, une mutation pour chacun de nous, un regard si différent, une expérience humaine, de famille, de couple… et bien d’autres choses. Ça oui à 200% !

Eric

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