Équateur…. comment dire ou qu’en dire ?

C’est la troisième fois que j’écris un post sur ce pays -sans le publier-. Un peu dans l’expectative, je me lance à nouveau.

Il faut bien dire que nous sommes arrivés malades à Quito et nous avons eu un peu de mal à récupérer… heureusement les Galapagos nous ont redonné des couleurs et de l’énergie. Cela faisait plus de 3 semaines que nous étions en altitude (entre 2800 mètres et 5100 mètres) et avec de grosses variations de températures. Pour compléter le tableau, Elisabeth avait le moral en berne et une envie pressante de rentrer.

L’Equateur est sûrement un merveilleux pays… lorsque les nuages prennent leurs quartiers dans d’autres contrées. Et quand je pense aux premières minutes sur le sol équatorien et à ma réflexion aux filles : « super, c’est un pays vert » (prairie, arbres, collines, montagnes). Ben oui, le con, c’est parce que c’est humide, sauf quelques rares mois pendant l’année.

Nous avons aussi eu la bonne idée de vouloir descendre dans le sud, pour visiter la ville de Cuenca et les volcans au retour. Oh merveilleuse idée, 450 kms en 10h dans un bus de dingue. Ou plus précisément pour les dingues. Je suis habitué, mais lorsque les filles se tournent vers moi (comme en Asie) et me disent « euh, nous sommes les seuls étrangers », je leur réponds qu’elles exagèrent, mais dans mon for intérieur, je me dit « oh le plan galère ! ». Effectivement, nous avons un peu tout cumulé : environ une quarantaine de vendeurs qui crient et se bousculent (ben oui, ils se suivent parfois à la chaîne) pour vendre de tout (surtout à manger). Le pompon revient aux trois meilleurs dans mon classement. Je vous explique : ces 3 excellents bonimenteurs prennent place dans le bus et pendant ½ heure s’autoproclament « médecins » pour nous vanter, l’un les vertus du Ginseng (contre le cancer, la dépression et pour éviter le suicide), le suivant la Coca (en feuille, en bonbon et en spray, contre toutes les maladies) et le dernier les extraits de marijuana (contre les douleurs lombaires, du cou, la calvitie, etc). Là où c’est improbable, plusieurs passagers ont acheté les produits (principalement à base de Coca), sans même négocier le prix. Nos 3 prédicateurs avec un vrai pouvoir de conviction, ont plusieurs fois fait appel à Dieu -comme témoin des guérisons- pour réussir leur coup. Et ça fonctionne (euh l’arnaque).

Le spectacle a débuté avec un jeune homme (passager) qui s’assied derrière nous, avec dans son sac, 2 petits chiots si mignons… en revanche, ils sentent la pisse et ne sont pas très sages. Puis, un des chauffeurs décide de mettre les télés en marche… avec le son à fond et des films violents, puis un film français à la fin, un vrai navet… et tout le monde rit.

Ah j’oubliais l’épisode de la tentative pour nos voler nos sacs (à main). Un jeune homme nous indique le lieu où nous asseoir, loin de nos places prévues. On refuse net, et devant notre air décidé il nous accompagne au bon endroit et nous demande de placer nos sacs au dessus de nous. On refuse à nouveau, puis vient s’asseoir juste derrière nous… pour tenter de nous prendre nos sacs. De guerre lasse, il quitte le bus juste avant le départ. Un autre fera le même cinéma avec d’autres passagers 30 kms plus loin. On a quelques doutes sur la probité des chauffeurs, probablement complices. Euh jeune homme, on a connu d’autres pays aux coutumes semblables, mais c’était plus finement joué !

Finalement, nous ne resterons que 36h à Cuenca (belle ville, mais pas la perle de l’Amérique du sud non plus), pour décider de remonter par les volcans. On reprend un bus similaire, avec théoriquement moins de trajet… puis en chemin et devant les magnifiques nuages sombres, nous n’apercevons pas le Chimborazo ni le Cotopaxi. D’un accord commun, on décide de ne pas s’arrêter et on dit au chauffeur, « euh non, ce sera Quito » ou rien 😉

Quant à Quito, que je commence à très bien connaître, j’ai dû faire au moins 40 kms à pied, le centre ville historique vaut le détour, mais n’est pas exceptionnel non plus. Ouh la la, nous devenons exigeant sur ce que l’on visite, on en rigole tous les trois, surtout lorsque c’est payant. Ah oui, transition pour dire que l’Équateur est un pays -trop- cher.

Une question sur les habitants ? Euh comment dire, on a pu observer pas mal de situations. La première chose, c’est qu’ils ne sourient pas beaucoup (c’est une euphémisme). Ensuite, les rapports entre eux sont assez rugueux, ils se parlent très directement et sans formules de politesse (sauf « bonjour »). On a des éléments de comparaison avec les autres pays sud américains traversés, là c’est parfois surprenant. Quant aux rapports avec eux, c’est un peu du même ordre et on a vraiment l’impression de déranger. Combien de fois, les personnes aux guichets ou en caisse sont sur WhatsApp, tout en nous « servant ». Et pourtant, nous ne sommes vraiment pas exigeants.

Alors, vous l’avez compris, ce n’est pas notre coup de cœur et nous sommes bien conscients que nous n’étions pas dans les meilleures dispositions pour apprécier ce pays.

Avec une grande envie, nous nous apprêtons à rejoindre la Colombie par la frontière terrestre. Il paraît que c’est folklo et une expérience à vivre. Elisabeth vous racontera 🙂

Nous abordons ce pays avec des sentiments divers et contraires… l’envie bien sûr, mais aussi le désir de rentrer pour Elisabeth et pour moi c’est l’inverse (cela pourrait se poursuivre des mois). Quant à Coline, elle est entre les deux -sentiments-. Je tiens à préciser que notre trio fonctionne très bien et que nous nous soutenons tous les trois lorsque les moments sont plus difficiles.

PS : la photo du monastère de San Fransisco de Quito, a été prise lors de LA demi journée de beau temps;-)

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