Le Pérou, entre randos et villes

LE CANYON DEL COLCA

Le trek phare à Arequipa, c’est le Canyon del Colca. Nous choisissons de le faire en deux jours avec une agence. On peut le faire seul, et j’avoue j’avais bien potassé le sujet, mais on s’est aperçu que cela nous reviendrait moins cher avec une agence. Et puis, jusqu’à présent, on a toujours rencontré des gens sympas. On vient donc nous chercher à 3h30 du matin, ça Coline elle adore. Nous partons pour 6h de route, tout le monde termine sa nuit. Nous montons en altitude petit à petit. Lors du petit déjeuner sommaire, on fait connaissance avec les autres baroudeurs. Des jeunes très sympas une fois de plus. On croit alors qu’on va marcher ensemble mais en fait pas du tout. Plus tard on s’arrête à un point de vue pour admirer les condors. Bon, faudra m’expliquer pourquoi les condors viendraient là à une heure précise pour faire coucou aux touristes. On en a aperçu quelques uns au loin, bien au loin.

Encore un peu de route et on nous lâche au beau milieu de nulle part en nous disant que notre guide Juan Carlo va arriver. On a déjà un prénom c’est pas mal. D’autres personnes seront déposées ici. On échange le prénom de nos guides pour voir si on fait connaissance ou non. Personne ne part avec Juan Carlo et on voit petit à petit tous les groupes partir sauf nous trois. Voilà, voilà. Et puis, miracle, Juan Carlo pointe le bout de son nez et immédiatement c’est l’osmose, Juan Carlo il est trop sympa. On rejoint les autres marcheurs, nous serons 7 français, 4 slovènes, 2 anglais, 1 canadien et une américaine. Bon, disons le tout de suite, il y aura deux groupes : les frenchies et les autres. En gros pendant la rando il y avait les français derrière et les autres devant. Alors forcément ça créé des liens entre nous et de la solidarité. Ce trek de deux jours est en réalité complètement stupide. On descend le premier jour 1200 m qu’on remonte le deuxième jour. Ok par un autre chemin mais quand même. C’est un peu le principe d’un canyon je sais.

Juan Carlo nous briffe donc au départ et puis comme c’est un joyeux luron, il nous trouve un nom de groupe et un cri de ralliement : Hakuna Matata. Bien trouvé mon ami, Hakuna Matata je me le suis dit plusieurs fois pendant la descente et la montée. Pour les non initiés qui n’ont pas vu le Roi Lion, ça veut dire, tout va bien pas de problème. On part donc sous le soleil pour cette descente infernale. Nos genoux s’en souviendront. Arrivés en bas, petit temps de pause bien mérité. Mais on est pas arrivé, loin de là. Quelques heures plus tard, après plusieurs pauses d’explications de la faune et la flore par notre Juan Carlo, nous voyons au loin une oasis. Si, si, une oasis. On aperçoit de la verdure, des piscines. Je sens que Coline commence à marcher plus vite. Evidemment, les 7 français on est toujours les bons derniers, mais nous on se la joue pas compétition, on profite, on contemple (en réalité, ce n’est pas vrai, je suis très compet mais bon c’est juste entre nous). Je laisse Coline rêver à une bonne baignade sans lui dire que non, on n’a toujours pas gagné au loto et que si on a une piscine, elle ressemblera plus à une baignoire qu’à un grand bassin. Mais vu notre état de fatigue, quand Juan Carlo nous emmène dans notre hébergement, on lorgne tous sur le bassin, certes pas très grand, certes avec une eau pas très chaude, certes avec la crasse de tous les randonneurs du jour, mais un bassin quand même. En deux secondes, plouf on est dedans. Le bonheur.

Notre chambre, c’est spartiate mais on rigolera bien. Après un bon repas réparateur, nous dormirons comme des marmottes. Le lendemain, réveil à 4h15 pour un départ sans petit déjeuner. Mais pourquoi on part si tôt, pourquoi…

Alors que tous les autres groupes partent sans aucun mot d’encouragement de leur guide, notre Juan Carlo nous met en cercle et nous fait pousser notre cri de guerre. Autant vous dire qu’à 4h30 du matin, on n’a pas fait peur à grand monde. Mais bon, Hakuna Matata n’est ce pas. Et c’est parti pour la remontée à la frontale. C’est drôlement chouette comme ça on ne voit pas ce qui nous attend. On est juste concentrés sur ses pieds. Mais la veille malheureusement, nous avions eu le temps de visualiser ce qui nous attendait le lendemain. Il suffit de voir la tête ravie de Coline.

On préfère tous les trois monter que de descendre donc c’est parti. On s’accroche, on se motive, on dépasse certains puis on se fait redépasser et ceci pendant toute la montée. Ma plus grande fierté, être quasi arrivée en même temps que les slovènes, les grands sportifs du groupe. A un moment ils ont regardé derrière eux et ils nous ont vu, j’ai cru qu’ils allaient avoir une crise cardiaque et ils ont accéléré comme des malades. On est bons joueurs, on les a laissé arriver un peu avant nous (en réalité, ce n’est pas vrai, je ne suis pas bonne joueuse mais ça reste entre nous) . Le canyon vu d’en haut c’est tellement beau. On se demande pourquoi on a eu besoin d’aller voir comment c’était d’en bas.

Je rigole bien sûr c’était super et depuis quand marcher en montagne ça sert à quelque chose. Et puis cerise sur le gâteau, Juan Carlo nous emmène nous prélasser dans des bassins d’eaux chaudes après cette montée de folie. Alors là, je dis merci la vie.

CUSCO

Après huit heures de bus de nuit nous arrivons dans la belle ville de Cusco. Coup de coeur pour cette ancienne cité Inca. Nous logeons dans une guesthouse qui donne sur une adorable petite place située dans le quartier des artistes, sur les hauteurs de Cusco. Nous posons nos sacs ici pour neuf jours, dont trois jours au Machu Picchu. Nous déambulerons beaucoup dans les petites ruelles, monterons voir le Christ Blanc tout en haut et passerons aussi du temps à nous asseoir sur des bancs pour observer la vie. »A m’asseoir sur un banc, cinq minutes avec toi et regarder les gens tant qu’y en a… » Il fait bon vivre à Cusco. C’est évidemment très touristique, et parfois on n’a même pas le temps de compter jusqu’à dix avant que quelqu’un ne vienne nous proposer quelque chose : des massages, des excursions, des hôtels, des bijoux. Le pire c’est vraiment les massages, on en pouvait plus.

On choisi de faire trois excursions dans la multitude proposée. Les salines de Maras, le site de Moray et surtout la Rainbow Mountain.

La Rainbow Mountain et la Vallée Rouge 

C’était tellement beau cette montée jusqu’à 5100m.Notre guide était une fois de plus hyper sympa. Arrivés là-haut, on s’attendait bien sûr à la montagne multicolore, mais pas du tout à la vue sur des glaciers et sur une multitude de montagnes. Juste trop trop beau.

LIMA

Petit retour à Lima avant de monter au nord vers la Cordillère Blanche. On a choisi un autre quartier, celui de Barranco et cela nous a un peu fait changer d’avis sur Lima. Très chouette quartier, un peu de street art, des jolies maisons, des parcs, c’était sympa. Et une super famille qui nous a offert tout un étage de leur maison. On était les rois du monde.


HUARAZ ET LA LAGUNA 69

Huaraz est une ville au nord du Pérou, à huit heures de bus. C’est la région de la Cordillère Blanche. C’est notre dernière aventure au Pérou. Au programme, de la rando.

Nous partons donc un matin de Huaraz pour trois heures de route. Aujourd’hui, ce sera la rando de La Laguna 69, c’est la rando à ne pas manquer dans le coin. Il y a bien sûr plein d’autres treks de plusieurs jours à faire dans la Cordillère Blanche, mais comme nous n’avons plus beaucoup de temps au Pérou, nous nous réjouissons d’avoir l’opportunité de faire celle-là. La première heure est très plaisante, on marche pratiquement sans montée dans les verts pâturages avec comme toile de fond les cimes enneigées. Après ça commence à se corser un peu et on commence à souffler un peu. On est parti de 3800m et notre objectif est de 4600m. Notre corps s’est habitué à ces altitudes et nous ne souffrons plus de maux de tête. Mais la dernière montée fut pour moi assez dure. Coline galopait comme un cabri devant, tandis qu’Eric solidaire restait derrière moi. Les seuls animaux que nous verrons durant toute notre marche furent des vaches. Et justement à un moment dans la montée, alors que chaque pas me coûtait, j’ai piqué tout d’un coup un 100 m car une vachette me coursait sur le chemin. Coline était morte de rire… Comme quoi j’avais de la réserve d’énergie que je ne soupçonnais pas. L’arrivée à la lagune de toute beauté fut une belle récompense. Pourquoi ce nom de Laguna 69 ? Simplement parce que c’est la 69ème lagune du parc qui en comprend 400. Voilà, fallait le dire.

Retour ensuite à Lima pour une dernière nuit et nous quittons le Pérou. On débarque à la gare routière nord pour être au plus près de l’aéroport. Bon, Lima, définitivement je ne t’aime pas. Eric nous dit que l’hôtel n’est pas loin et donc qu’on y va à pied. Il fait nuit, j’ai peur, tout le monde nous agresse, je déteste. Eric me dit qu’on a choisi l’hôtel ensemble, je devais avoir bu un peu trop d’infusion à la feuille de coca c’est pas possible. Je sens la sueur commencer à m’envahir tout en marchant et ce n’est pas la ménopause. On finit par arriver à cet hôtel que soi-disant j’ai choisi : vue sur une voie rapide ultra bruyante, magnifique ! Lima, je t’ai déjà dit que je t’aime pas ? Une belle nuit nous attend. Quand on pense avec Coline à la super famille qui nous a accueilli la dernière fois à Lima, on se mettrait presque à pleurer. Mais bon c’est trop loin de l’aéroport dixit Eric, parce que dixit moi ni une ni deux on y allait même en courant.

Allez même pas grave, c’était au cas où certains nous envieraient pour ce TDM. Parfois, c’est moins bien qu’on ne le croit.

Et maintenant, en route pour l’Equateur.

Je vous embrasse

Elisabeth

PS d’Eric : bon c’est vrai, l’Hôtel (choisi ensemble) était bien glauque, ainsi que l’accès de nuit (à 20h pas en pleine nuit tout de même)… et on a correctement dormi : on s’habitue à presque tout 😉

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