Mystérieux Pérou

Nous commencions à être un peu (un peu, cela veut dire que l’on aime quand même) déçus par ce pays. C’est vrai que la barre était haute, après la Patagonie, le sud de la Bolivie et le désert d’Atacama.

Le Pérou était un peu comme une femme trop fardée, mal maquillée et un peu mystérieuse…. et puis tout d’un coup, sans fard et au naturel c’est la révélation.

C’est au détour d’une petite route de montagne caillouteuse entre 4000 et 4700 mètres, que je suis pris d’une belle émotion. Le paysage de fond de vallée devient intense, authentique, les Alpaguas broutent l’herbe et une forêt d’eucalyptus (à 4200 m!) ajoute à la magie. Dans le mini-bus, accompagné par une belle musique andine, tout le monde est silencieux et semble sous le charme. La suite de la journée fut encore plus incroyable. Une marche de plusieurs heures entre 4700 m et 5100 m d’altitude permet à chacun (il y a tant de monde sur ce chemin) de mesurer que l’oxygène se fait rare… les plus jeunes partent comme pour un 100 mètres et on les rejoint rapidement, bien essoufflés. L’expérience est -encore- un avantage en pleine nature 😉

Tout en haut, c’est la foule des grands jours, là où tout le monde veut observer la montagne arc-en-ciel (très belle bien sûr), nous lui tournons le dos pour observer un panorama incroyable des plus belles montagnes du Pérou, sertis de glaciers majestueux. Une suissesse d’adoption qui m’a demandé de la prendre en photo (Coline se moque de moi, je passe mon temps à être sollicité pour prendre des photos), m’avoue un peu plus loin, que les Alpes Suisses font pale figure devant tant de majesté. Tout est dit. Je suis plus impressionné que par l’Himalaya (même si je n’en connais qu’une modeste partie) . La cordillère des Andes recèle tant de bijoux, parfois inaccessibles.

Cela faisait plusieurs jours que nous étions en recherche (attente) du magnifique. Nous avons été servis. Certes, les deux villes d’Arequipa et Cusco nous ont charmés, mais nous étions vraiment déçus par de nombreux lieux touristiques, trop balisés, mitonnés pour séduire les touristes et faire marcher le business. Bien sûr, nous pourrions opter pour sortir complètement des sentiers battus et y rester 3 mois. Paradoxalement, c’est nettement plus onéreux de prendre les chemins de traverse, en dehors de ce qui est prévu pour le touriste.

Toutefois, en faisant des centaines de kilomètres en bus ou en mini-bus, on arrive à observer la vie dans les montagnes et les villages. Je comprends vite que la vie est rude et le plus souvent, les visages sont marqués, par le labeur et les conditions de vie.

Et comme le touriste est une source de revenus, cela altère la relation. Bien souvent, mon espagnol se résume à dire des centaines de fois « no gracias », certes avec le sourire, mais cela me laisse un goût amer. C’est aussi cela la découverte du voyage, loin d’une certaine naïveté où l’étranger visiteur serait dans une relation d’égal à égal avec la population locale.

Il nous reste encore une semaine au Pérou, nous allons vers le nord, moins touristique, pour découvrir et tenter de vivre de belles expériences authentiques. Yes !

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