Argentine & Chili suite

Je poursuis mon récit sur l’Argentine et le Chili.

Le temps passé dans les bus est énorme en Amérique du Sud. Ces deux pays sont tout en longueur. L’Argentine s’étire sur plus de 3700 km et le Chili sur 4300 km. Autant vous dire qu’on en a mangé de la route. Mais ça tombe bien on aime ça. Dans chaque gare routière, il y a un nombre infini de compagnies de bus. Franchement elles semblent toutes assez correctes. Après, ce qui change, c’est le choix des sièges. Comme on a bien étudié la question et qu’on sent que ça vous intéresse pour votre prochain voyage en Amérique du sud, on est sympa on vous explique :

Le siège classique comme dans tout bus. Inclinaison à 130° et 45 sièges par bus. Le semi cama : 4 sièges par rangée et inclinaison à 140°; 41 sièges par bus et repose pieds. Le cama : 3 sièges par rangée et inclinaison à 150° ; 25 sièges par bus. Et le luxe : rideau entre chaque siège, repose pied, couverture. Le cama premium : alors là c’est le top du top. Inclinaison à 180° et kit de nuit (boules quiès offertes, si si, couverture ET oreiller). Bon celui-là on ne l’a pas testé, faut pas abuser non plus, on est des backpackers ou quoi. Les tarifs sont assez élevés, surtout en Argentine. Alors souvent pour nous ce fut semi cama. Les trajets en bus font vraiment partie intégrante de ce tour du monde vu le nombre d’heures passées dedans. Alors que fait on dans un bus : Des rencontres très sympa ; On dort, peu, mal mais on dort quand même; On contemple tranquillement le paysage qui défile; On lit et ça c’est drôlement chouette; On repense à tout ce qu’on a déjà vécu et c’est parfois étourdissant ; On imagine tout ce qu’il nous reste à vivre et c’est excitant; On se dit avec Coline que c’est un sacré avantage de ne pas être grandes, car on a beaucoup plus de place qu’Eric. Et bim dans les dents à tous les grands; On pense aux gens qu’on aime, donc vous qui nous lisez actuellement; On réfléchit à ce qu’on fera en rentrant en France. On rêve comme les enfants : quel métier on fera (oui je sais il est temps que je me pose la question à 51 ans;-) ) ; ce qu’on voudra changer dans notre vie, notre regard sur le monde un peu différent, etc. Et puis il y a aussi ces échanges improbables que l’on a tous les trois. Lorsque par exemple, Coline nous pose des questions existentielles qui nous prennent parfois de court, mais qui font aussi partie intégrante du voyage et de ses risques. Genre :Et si on meurt tous les trois comment les gens en France vont le savoir ? Et comment on rapatrie des corps ? Et si vous mourez et que moi je reste en vie, qui va s’occuper de moi ? Alors là bien sûr, il faut tout de suite enclencher le quatrième degré et s’amuser dans les réponses sinon ça devient vite glauque. Finalement Coline a raison de poser toutes ces questions, car cela nous permet de parler de beaucoup de choses. Et au bout du compte c’est toujours rassurant de se dire qu’on est bien vivant tous les trois.

Un autre sujet non moins important et palpitant évoqué par Coline : Mais quel âge ont les acteurs de la série FRIENDS ? Mais oui c’est vrai ça, je ne m’étais jamais posé la question. Faut vous dire que Coline regarde souvent cette série pendant notre voyage et rit autant que plusieurs générations avant elle, dont moi bien sûr. Et bien figurez vous, que d’après nos recherches, il s’avère que tous ces acteurs ont mon âge. Ils oscillent tous entre 50 ans et 55 ans. Non mais c’est dingue non ! Ainsi donc tout le monde vieillit même ceux qu’on croit intemporels. En lisant des infos sur eux, et en regardant leurs photos (oui oui j’ai mon petit côté Paris Match et potins) on se dit que finalement c’est une chance de ne pas être célèbre et d’avoir vécu une petite vie pépère. Pas besoin de chirurgie esthétique, pas de problème avec le temps qui passe. Aucune peur du regard des autres, puisqu’à priori les personnes que vous aimez vous voient régulièrement. N’empêche que pour Coline, se rendre compte que ces jeunes acteurs dans la série ont l’âge de ses parents, lui a paru étrange voire irréel 😉 Et je n’oublie jamais de rappeler à Coline que je me suis assise dans le fameux canapé de Friends lors de notre visite des studios Warner à Los Angeles. Ça en jette non ? Bon voilà c’était pour vous partager le style de nos échanges.

Je reprends mon récit en Argentine.

Après notre superbe randonnée vers le Fitz Roy, nous en avons fait une autre superbe à El Chalten.

Puis nous sommes remontés plus au nord dans la ville de Bariloche.

BARILOCHE

Quand on lit des infos sur cette ville on a un peu froid dans le dos. C’est en effet ici qu’un certain nombre de nazis vinrent se réfugier après la seconde guerre mondiale. On lit dans les guides que cet endroit ressemble à la Suisse. Pour le côté lacs et montagnes sans aucun doute. Pour le nombre de magasins vendant du chocolat aussi. En revanche, le cliché avec ces pauvres chiens St Bernard sur les places, posant pour des photos avec les touristes est affligeant. Moi quand je rentre, je fonce voir Brigitte Bardot pour défendre les animaux avec elle.

Entre Bariloche et St Martín des Andes, il y a une belle route qui s’appelle la route des sept lacs. On loue une voiture pour la faire à notre rythme. L’aller ne fut pas transcendant, le temps étant un peu couvert et après les paysages époustouflants du sud de la Patagonie, la comparaison ne tenait pas la route. En revanche la soirée à st Martin des Andes fut une belle surprise et la journée du lendemain sous un ciel bleu sans nuages fut très belle.

Dans l’auberge de jeunesse nous rencontrons comme d’habitude de nombreux jeunes. Beaucoup de français et pas mal de voyageurs solo. Le nombre de jeunes femmes est important. C’est toujours intéressant d’apprendre ce qui a poussé les uns et les autres à prendre la route. Les échanges sont tout de suite vrais et authentiques. On adore depuis toujours les relations intergénérationnelles et durant ce tour du monde on est servi. Finalement nous côtoyons des jeunes de l’âge de nos enfants et c’est d’une richesse infinie.

RETOUR AU CHILI

Nous partons de Bariloche en direction de Santiago. Long trajet effectué en deux bus. L’un de 5 heures et l’autre de 11 heures pendant la nuit. Entre les deux bus, quatre heures d’attente dans une ville qui nous a fait penser à l’Asie dans nos pires moments. Pas glamour la gare routière quoi.

Et puis, le clou de ce voyage reste à vous conter. Car un voyage sans aventure est morne et ennuyeux. Nous arrivons donc à la frontière entre l’Argentine et le Chili. Nous savons, bien sûr, qu’il ne faut avoir aucune denrée dans son sac à dos sous peine de fortes amendes. Une simple pomme retrouvée dans votre sac peut vous coûter cher. Comme tous les voyageurs nous nous sommes donc empiffrés de tout ce qui nous restait et étions confiants. Arrivés à la frontière, on nous fait tous descendre du bus et entrer dans une pièce avec vue sur le bus. Le personnel du bus sort tous les sacs à dos et les alignent les uns à côté des autres. Même chose pour tous nos petits sacs dans la salle. Personne ne parle, tout le monde observe ce qui se passe, cela fait un peu ambiance passage de Checkpoint Charlie. Et puis un gentil labrador noir fait son apparition avec son maître, et se met à renifler tous les sacs. Il ne passe pas une fois mais plusieurs fois. Même chose dehors. Tout le monde regarde son sac et prie pour que le labrador ne le désigne pas de sa patte. Ce geste qui paraît si mignon d’habitude, vous savez que dans ce cas là c’est amende assurée. Et l’idée qu’un labrador puisse me trahir, cela me met les larmes aux yeux rien que d’y penser. Vous l’avez compris, un seul sac est mis à l’écart et c’est évidemment le mien. Éric se moque allègrement de moi, pendant que je cherche à la vitesse de la lumière ce que j’ai bien pu laisser dans mon sac à dos. Un trognon de pomme, une chips, un bout de pain, une cacahouète ? J’attends tel un condamné la sentence et me présente tête baissée face aux douaniers. J’aurai du penser au sketch de Fernand Raynaud sur les douaniers, cela m’aurait au moins fait sourire. Eric et Coline sont solidaires et viennent avec moi, tandis que tous les autres passagers se frottent les mains intérieurement en se disant qu’ils sont tranquilles. Si, si, la nature humaine est ainsi faite, que si l’on ne se réjouit pas du malheur des autres, on ne peut s’empêcher de se dire qu’on a de la chance. Je l’ai expérimentée dans d’autres circonstances. Me voici donc devant mon sac sous le regard curieux et non solidaire des autres passagers, et le douanier me demande si j’ai de la nourriture. Un peu penaude et hésitante je réponds que je ne pense pas. Est-ce mon amour des chiens qui fait que je n’ose imaginer que le labrador s’est trompé ? Le douanier me demande d’ouvrir mon sac et de le vider. Nous obtempérons avec Eric, l’homme qui m’a épousée pour le meilleur et pour le pire. Dans ma tête j’étais déjà en train de calculer l’équivalent en nuit en auberge de jeunesse qu’allait nous coûter cette amende. C’est bien la peine de compter nos sous si c’est pour se les faire prendre pour un trognon de pomme oublié. Oui mais voilà, les miracles existent et nous ne trouvons rien. Pas une miette, rien. Ce fichu labrador m’a trahie pour rien. Fin de l’histoire et nous remontons bien soulagés dans le bus.

Après un bref passage à Santiago, nous prenons un bus pour Valparaiso.

VALPARAISO

LA ville du Street Art. C’est un bonheur de nous promener dans toutes les ruelles de cette ville. Celle-ci est bâtie sur des collines, 54 exactement. Nous passons notre temps à monter et descendre. Le soleil est au rendez-vous et nous remettons avec bonheur nos shorts et lunettes de soleil. Gros coup de cœur pour cette ville. Pas de grands discours, juste des photos qui parlent d’elles-mêmes.

Nous repartons pour notre dernière étape au Chili, presque tout au nord.

SAN PEDRO DE ATACAMA

Nous n’avions pas prévu d’aller au Nord du Chili en préparant notre tour du monde. Mais en écoutant les uns et les autres, on s’est dit que ce serait trop dommage de rater ça. Nous voilà donc partis pour à nouveau 24h de bus. Ce voyage là on s’en souviendra. Un bus assez pourri et sale, les toilettes je vous raconte même pas. Très peu de touristes avec nous. La plupart prennent l’avion de Santiago. Les petits joueurs quoi. Le trajet aura duré 28h finalement en siège semi cama. Arrivés à San Pedro nous oublions tout et sommes heureux de découvrir ce désert.

San Pedro est un petit village avec une rue principale. Tout est organisé pour le tourisme. Restaurants, agences de voyage, il n’y a que ça. Mais il y a aussi une jolie place avec une belle église et des petites ruelles sympathiques. Nous faisons le tour de quatre agences pour choisir celle qui nous conviendra le mieux pour aller en Bolivie. Bonne pioche au final, je vous raconterai notre périple dans le prochain article. Le lendemain nous partons voir la vallée de la lune et la vallée de la mort. Ouh là, être dans un bus et suivre le guide c’est vraiment pas notre truc. Mais les deux guides étaient très sympas et on a appris plein de choses. On a fini la journée en admirant le coucher du soleil à la vallée de la mort.

Nous partons donc pour quatre jours en Bolivie le lendemain matin. Lever à 6h, pour une aventure extraordinaire et je pèse mes mots. A suivre…

Elisabeth


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