Chili & Argentine

Nous voilà arrivés sur un nouveau continent, le dernier de notre tour du monde. Émotion et bonheur de partir à la découverte de ces terres, de ces mers, de ces montagnes, de ces étendues de sel, de déserts, de ces habitants et de cette langue.

A propos de langage, le mien est assez pauvre en espagnol. Etonnement je comprends assez bien mais je n’ai vraiment pas de vocabulaire. J’ai donc trouvé une application pour apprendre à vitesse grand V , afin de profiter des rencontres que nous ferons. Je pensais anticiper cet apprentissage, mais j’ai appris au cours d’un voyage à profiter de l’instant présent, sinon on passe à côté de choses trop importantes. Pour l’instant j’ai appris le nom des animaux… Eric et Coline se demandent à quoi ça va bien me servir de savoir dire canard ou lapin mais il faut bien un début à tout et je suis sûre que j’arriverai à placer ces mots dans une discussion.

Nous commençons notre périple par le Chili. Voilà bien un pays que je rêvais de découvrir. Plusieurs fois nous avions voulu y aller mais la période des grandes vacances d’été n’est pas la bon moment puisque les saisons sont inversées. Les mois de mars et avril sont donc idéaux, c’est la fin de l’été ici. Comme en NZ il y aura moins de monde et encore une météo propice à la découverte.

SANTIAGO

Après un vol de 11h nous atterrissons à Santiago. Le Routard nous conseillait une auberge de jeunesse en plein centre ville. Celle-ci se trouve dans un ancien immeuble du début du XX ème, magnifique endroit avec de hauts plafonds, de vastes salles et plein de recoins pour bouquiner tranquille dehors. Il fait beau et chaud, on est bien.

Nous partons à la découverte de cette ville, on avait repéré quelques quartiers sympas à voir. Notamment un constitué seulement de deux rues, la rue de Paris et celle de Londres. Celles-ci sont pavées et ont un petit air de quartier latin. Devant une maison nous voyons un encadré, où il est écrit que ce lieu a servi durant la dictature à emprisonner des hommes et des femmes. Nous verrons plusieurs lieux comme ça lors de notre pérégrination. Cela m’émeut à chaque fois, et me donne la chair de poule. C’est bien de garder présent dans les mémoires ces lieux pour ne jamais oublier. Sur le sol devant cet immeuble, nous voyons plusieurs plaques rectangulaires portant le nom, prénom et âge de la personne tuée en ce lieu. Je prends le temps de regarder toutes ces plaques, d’essayer de mettre un visage sur ces hommes et ces femmes morts pour des idées. Ils sont souvent si jeunes.

Nous arrivons au musée de la mémoire et des droits de l’homme. S’il y avait bien un musée que je voulais voir c’est celui-là. C’est un très bel endroit sur trois étages. Il y est retracé toute l’histoire du Chili du putsch de Pinochet en septembre 1973 jusqu’au retour de la démocratie dans les années 90. L’ambiance est tout de suite donnée avec les photos sur un immense pan de mur de femmes et d’hommes tués pendant cette période. Nous commençons par visionner un documentaire retraçant la journée du 11 septembre 1973. On y entend de nombreux témoignages de chiliens racontant leurs souvenirs de cette funeste journée. De proches du président Salvador Alliende à des journalistes de radio ou de presse. Entendre le dernier message radiophonique de Salvador Alliende est très émouvant. On sait qu’après ce message disant au peuple chilien que la lumière reviendra un jour, Alliende se suicidera. Dans de petites salles, on entend d’autres témoignages, certains très durs sur la torture pratiquée. Comme dans d’autres pays de notre tour du monde, cela me laisse perplexe sur la capacité de l’être humain à faire souffrir l’autre. Cela reste une vraie interrogation pour moi. Pourquoi et comment cela peut-il être possible. Qu’est-ce qui fait que notre part d’ombre prenne le dessus sur notre empathie.

LA PATAGONIE

Son seul nom évoque la liberté et les grands espaces. Nous prenons un bus pour un trajet de 15h pour descendre à Puerto Montt, la porte de la Patagonie. Nous logeons chez l’habitant, dans une maison toute de bric et de broc. Coline trouve ça super, soit, nos enfants nous étonneront toujours. Et tant mieux.

Navigation de quatre jours sur un cargo

Arrive le jour J, celui où nous partons pour 4 jours en bateau pour descendre le long des fjords vers Puerto Natales. Il s’agit d’un cargo transportant des marchandises et qui prend une cinquantaine de passagers à bord. Nous qui fuyons toute idée de croisière sur les grands paquebots, cela nous convient parfaitement. Dans le port de Puerto Montt on voit au loin un immense paquebot et pour rien au monde on échangerait nos places. L’équipage est super sympa et nous partons donc confiants pour quatre jours de découverte. On nous promet de voir des fjords, des glaciers. On a déjà entrevu au port des lions de mer se dorant la pilule.

Au programme de ces journées en mer, des cours de yoga, de la lecture, des parties de cartes, des jeux d’échec, des films, des documentaires sur la faune et la flore de la Patagonie, des rencontres. Eric discute à gauche à droite avec des français. Nous avec Coline, on glousse, on lit, on se balade. Coline est la seule adolescente des passagers, il n’y a que des jeunes ou des adultes. Elle commence à avoir l’habitude. Nous sommes dans une cabine pour quatre. C’est petit mais cosy.

Sur le bateau, il y une grande salle à manger et un grand salon avec plein de canapés très confortables et idéaux pour bouquiner. Pour ne rien gâcher, un choix super sympa de musiques passe en continu. Règne ici une atmosphère de lâcher prise et de bien être. Ils nous avaient annoncé une cure de désintoxication et on le ressent tout de suite. Tout le monde bouquine en silence ou chuchote. Ici pas de wifi donc personne n’est sur son portable. Petit à petit nous rencontrons les autres passagers. Tout se fait très facilement, au gré des envies de chacun. Je ne cherche pas la rencontre pour la rencontre, j’aime davantage me laisser porter et faire confiance à la vie. Celle-ci ne m’a pas déçue une fois de plus. J’aurai grand plaisir à échanger avec Christine qui vit à Santiago depuis un moment. Nous partagerons des choses fortes sur le pont du cargo, tout en regardant la beauté des paysages qui défilent sous nos yeux. J’aime ces moments où le temps semble s’arrêter et où un vrai partage se fait.

Nous faisons aussi la connaissance de jeunes français en voyage au long cours. Ils sont très sympas, dynamiques et ouverts. Coline aura beaucoup de plaisir à partager avec certains et également à disputer des parties de président (jeu de cartes pour les non initiés). Il y aura même une soirée festive le dernier soir avec en prime un karaoké mémorable. Ah le bonheur de chanter à plusieurs Bohemian Rhapsody de Queen !

Le dernier jour, grand beau temps pour terminer notre traversée. Nous ne nous lassons pas de contempler ce monde qui s’offre à nous. Je ressens déjà une sorte de mélancolie à l’idée de quitter ce bateau et ces passagers. Je serai bien restée une semaine de plus. Nous disputons une dernière parte de président avec toute la bande des français à bord et Eric doit nous obliger à arrêter de jouer. Le soir nous nous donnons rendez-vous dans un bar et Coline boit sa première bière ! Non je rigole bien sûr !

PUERTO NATALES

Mignonne petite ville où les chiens sont rois. Il y en a partout en liberté et leur jeu favori est de courir derrière les voitures. A Puerto Natales, les nuages prennent des formes extraordinaires. L’intérêt de cette ville est d’être le point de départ pour aller au parc del TORRES DEL PAINE

Nous louons une voiture pour être autonome et nous voilà partis pour une belle journée. Nous ne ferons pas la rando nommée W qui prend 4 ou 5 jours. Il faut quand même qu’on laisse des aventures à vivre à Coline quand elle sera adulte si elle revient par là. Mais nous ferons une marche pour aller admirer ces fameuses tours. C’est magnifique.

Nous partons ensuite plus au sud du Chili vers Punta Arenas.

PUNTA ARENAS

Notre espoir est de voir des pingouins. Vous vous souvenez, on en cherche depuis la NZ. Bon, une fois de plus c’est raté. Ils viennent tous de se faire la malle vers le nord. Ils nous fuient ou quoi ! On aurait pu en voir mais il aurait fallu aller sur une île et le prix du bateau nous a découragé.

Nous mettons ensuite le cap vers l’Argentine.

USHUAIA

Le bout du monde. Evidemment on fait les deux choses incontournables : le tampon d’Ushuaia sur notre passeport et la photo traditionnelle. On adore marcher le long de la jetée, voir les bateaux et les quelques voiliers. Le soleil nous fait cadeau de sa lumière alors que la pluie était annoncée. Trop bien. L’après-midi on prend un bateau pour un tour de trois heures pour contempler Ushuaia de loin. On voit sur des îles quantité d’oiseaux et de lions de mer. Et le fameux phare des éclaireurs.

On retrouve un couple de français rencontré la veille dans le bus. Ils voyagent avec leur petit bonhomme de quatre mois. Mata’i voyage depuis qu’il a deux mois, si c’est pas une graine d’aventurier ça ! Nous partons donc dans le bateau avec eux et Coline sera beaucoup plus intéressée à câliner Mata’i qu’à regarder les lions de mer.

Nous profitons d’un chouette Airbnb pour nous poser d’autant plus que la vue est sympa de notre chambre. Coline bosse son programme de quatrième. Nous repartons pour le nord vers El Calafate et avons hâte de voir le glacier Moreno.

EL CALAFATE

Tous ceux qui viennent à El Calafate n’ont qu’une hâte c’est d’aller voir le glacier Perito Moreno. Nous ne dérogerons pas à la règle et c’est donc de bon matin que nous prenons un bus pour deux heures de route. Il fait un temps de rêve, ciel bleu sans un nuage. La route est magnifique, nous longeons l’immense lac Argentino. Alors que nous arrivons près du glacier, nous voyons un somptueux arc-en-ciel au-dessus du glacier. C’est très beau certes mais qui dit arc-en-ciel dit pluie non loin. Bim on pose à peine le pied à terre que la pluie se met à tomber. Ce sera donc une découverte de ce fameux glacier sous une pluie battante et glaçante. On s’en moque, on est trop heureux d’être là. Le lieu est super bien aménagé, il y a une multitude de chemins pour voir le glacier sur toutes ses coutures. Il y a du monde mais la pluie a vite fait de les faire aller à la cafétéria. Bon plan pour nous, on passe un long moment à monter, à descendre puis à remonter. Ce glacier est vivant, il gronde, il craque, il avance. Bref il en impose et face à lui on se sent tout petit. Et puis entendre qu’un glacier avance et ne recule pas, cela fait plaisir.

C’est donc trempé jusqu’aux os mais heureux que nous reprenons le car pour revenir à El Calafate.

EL CHALTEN

Le lendemain nous reprenons de bonne heure un bus pour El Calafate. Il y a juste trois heures de route. Cela aurait été une partie de plaisir si notre chauffeur n’avait pas décidé de ne pas mettre de chauffage. Il a donc fait 14 degrés pendant trois heures et je peux vous dire qu’on se caille bien à cette température. Il y en a bien qui ont tenté de parlementer avec lui mais rien à faire. Quand ça veut pas ça veut pas. Si on a bien compris, vu qu’il pleuvait à verse, il avait besoin de mettre la clim à fond. C’était donc très drôle, car dans le bus tout le monde avait sa doudoune, son bonnet et grelottait.

A El Chalten tout le monde vient pour randonner. En regardant la pluie tomber, on était un peu dépité. Mais comme les miracles existent, le soleil a fait son apparition dans l’après-midi et nous avons donc fait une belle petite marche pour nous mettre en jambe. Les montagnes enneigées au loin nous ont déjà fait palpiter le cœur. Le soleil est annoncé pour demain, chouette car nous avons envie de faire la rando vers le Mont Fitz Roy qui est paraît il très belle.

LA RANDO VERS LE FITZ ROY

Celle-là on l’attendait. L’avantage de El Chalten, c’est que toutes les randos partent du village. Pas besoin de bus, on part quand on a envie. C’est une assez longue marche qui nous attend mais pas trop difficile au niveau dénivelé. Sauf la fin dont on se souviendra. Nous marcherons pendant neuf heures le regard émerveillé. En chemin nous croiserons 4 jeunes français avec qui nous partagerons un bout de chemin. Avec eux, nous ne voyons pas le temps passer ni ne ferons trop attention au chemin… du coup nous nous égarerons tous les sept et rajouterons des kilomètres. Peu importe, nous avons tous un objectif final et nous retrouverons heureusement le bon chemin. La dernière heure est pentue et le vent souffle fort. Arrivés en haut, le paysage est à couper le souffle. On ne le découvre qu’au dernier moment et la récompense est immense. Le vent nous oblige à nous cacher derrière les rochers et Coline a failli s’envoler.

La Patagonie que ce soit du côté chilien ou argentin est une pure merveille. C’est un vrai bonheur.

Nous avons trouvé une super auberge de jeunesse au bout du village, tout près des sentiers. L’ambiance y est très sympa. Il n’y a là que des jeunes venus marcher car il n’y a vraiment que ça à faire ici. Nous décidons donc de prolonger notre séjour ici pour nous reposer et nous balader encore.

J’arrête là mon récit sur ces deux pays pour le moment. Nous allons sans doute rester encore un mois et je vous raconterai ça dans un autre article. Ah et ça y est, je me lance dans mes premières phrases en espagnol.

Elisabeth

3 commentaires sur “Chili & Argentine

  1. Magnifique blog! C’est un plaisir de vous lire!
    Plaisir partagé lors de cette randonnée !
    Prenez soin de vous ! Bisous
    Laurine, sophie, Camille et Simon.

  2. Trop beau !
    Ça déchire grave ! Comme disent mes petits-enfants bordelais..
    Encore merci pour tous ces moments d’évasion dans des paysages wahoo !!

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