Chili, l’appel du grand large

Pas simple de décrire simplement toutes les sensations ressenties depuis près de 10 jours. On aurait pu croire que nous serions blasés par la nouveauté, les rencontres, les paysages, les levers ou couchers de soleil… ben non, c’est toujours incroyable à découvrir.

Là, j’écris ce post aux confins du Chili et de l’Argentine, notre bus traverse les terres arides à l’herbe jaunie par le soleil bien présent, accompagné par de magnifiques nuages (comme je n’en avais jamais observés de toute ma vie), quelques lacs et de belles montagnes pour border l’horizon. Je mesure un peu plus la chance que nous avons de traverser ces terres presque vierges. Seuls les très nombreux arbres morts (parfois sur des dizaines de kilomètres, y compris dans le parc de Torres del Paine ou ici à travers la pampa) me rappellent qu’il y a un truc qui cloche. Est-ce le soleil sans filtre (trou de la couche d’ozone juste au dessus de nous), une maladie ou le manque d’eau (et pourtant c’est un coin où il pleut beaucoup) ?

Ce pays semble rude et on nous a dit que les chiliens n’étaient pas très ouverts. Pour l’instant et dans tous nos contacts, ils sont vraiment très sympas. On apprend que les années de dictature Pinochet ont laissé des traces et que l’habitude est de ne pas critiquer son voisin ou d’exprimer ce que l’on pense ou ses sentiments.

Comme nous commençons par Santiago, nous sommes allés tout de suite voir le musée de la mémoire et des droits de l’Homme. Bon, comme dans presque chaque pays traversé l’histoire de ce pays fut mouvementée. La vieille Europe, dans son désir de conquête aux quatre coins du monde, n’a pas apporté que le savoir… mais de nombreux fléaux. Maintenant (depuis quelques décennies) à travers le monde, les américains ont pris le relais et la Chine est en train de surpasser tous les autres. Je n’arrive toujours pas à comprendre ce désir individuel et collectif de l’être humain, de vouloir imposer aux autres sa vison, sa façon de vivre, de penser, sa puissance. Même si je suis un peu naïf, j’ai saisi que l’accès aux ressources naturelles a toujours été le premier moteur pour convoiter un territoire, et qu’à partir de là, la fin justifiait les moyens en passant par les idéologies ou religions pour y parvenir.

Mais cela n’arrêtera pas mon optimisme sur ce que l’être humain est capable de faire pour recouvrer sa liberté et œuvrer pour un monde meilleur.

J’y crois, et la plus belle expression fut cette traversée de 4 jours en bateau, de 1800 kms à travers les fjords chiliens et la mer. Dans un cargo de marchandises, nous étions 52 voyageurs à vivre au rythme du temps qui s’écoule lentement (à 25 km/h). Là, ce furent de belles rencontres avec de nombreux passagers. Il y avait pas mal de français aux parcours si variés. J’ai éprouvé un profond plaisir d’aller à la rencontre de la plupart d’entre eux, de les écouter, d’échanger sur la vie, les envies. Chaque rencontre était un peu comme les pièces d’un puzzle prenant place et au bon moment pour moi. C’était incroyable et étonnant, certains de mes questionnements ou réflexions du moment, trouvaient une amorce de réponse ou me poussait à aller plus loin. Tout cela sans rien attendre, juste en accueillant ce qui vient. Un pur plaisir.

Mention spéciale pour tous les jeunes rencontrés, voyageurs au long cours et avec cette belle énergie qui les anime. Je les trouve ouverts, joyeux, conscients du monde en mutation et généreux. De plus, ils osent aller au bout de leurs rêves. Qu’ils soient seuls ou à plusieurs, ils dégagent quelque chose de puissant. Il feront avancer le monde dans le bon sens.

Au fil du voyage, je m’aperçois que je prends autant de plaisir à être en lien avec les autres, qu’à me ressourcer dans la nature. L’énergie des grandes villes me fascine, la puissance des éléments me reconnecte à l’essentiel et me rappelle que nous sommes sur une terre qui ne nous appartient pas. Vraiment, cette notion de propriété individuelle est un vrai problème pour l’avenir. Si le bien commun ou le sens commun était la priorité du plus grand nombre, cela permettrait d’envisager un monde différent et solidaire. Constat qui va en faire sourire plusieurs, partout où nous sommes passés, le goût des autres n’est pas si répandu que cela. Et c’est universel. Le chacun pour soi… et les autres après, semblent être la règle. Certes, rien de neuf sous le soleil, mais à un moment donné, à plus de 7 milliards sur notre petite planète bleue, il y a urgence à revoir les rapports entre les individus et les peuples. Comme cela a été si souvent dit, le changement du Monde ne sera possible que s’il débute par le changement intérieur de chacun.

Bon, je laisse chacun méditer comment le vivre concrètement, et je m’en retourne à l’observation d’une nature incroyable (je n’ai plus de superlatifs en stock) en arrivant en Terre de feu.

Punta Arenas est une belle découverte, la ville a du charme et est colorée. Ses vielles bâtisses, ses vieux arbres et le Street Art vont très bien ensemble. J’adore ! Et nous logeons dans une auberge de jeunesse qui s’appelle « Good Vibes ».

Quelques chiffres et autres curiosités :

  • ici le pays est tout en longueur et nous en sommes déjà à plus de 3500 kms de transports en commun… et nous ne sommes pas arrivés tout en bas !
  • Les chiliens sont disciplinés, on dit que c’est en lien avec la dictature. Pour prendre le bus, ils font la queue comme en Thaïlande.
  • On nous suggère d’être prudent, les vols sont fréquents parait-il… il suffit de voir les agents de sécurité avec des gilets pare-balles pour le réaliser. Dans les magasins, j’ai même vu des tablettes de chocolat dans des boites antivol… et dans un magasin de vélo, les roues et selles attachées par un câble.
  • Dans plusieurs villes, les rues en sens unique ne sont pas indiquées comme ailleurs (pas de sens interdit ni de panneau indiquant une voie à sens unique), juste une petite flèche -éventuellement- dans un sens sur le pâté de maison.
  • Ici tout les animaux (presque) sont nourris abondamment aux hormones et on conseille aux petites filles d’éviter de manger trop de poulet pour ne pas avoir une puberté trop précoce. A la sortie des villes on voit de grandes publicités pour les produits phytosanitaires. C’est du lourd comme diraient certains !
  • Et bien sûr les nuages qui prennent des formes et un aspect inconnus dans l’hémisphère nord, c’est juste incroyable à regarder.
  • Enfin j’arrive à me repérer avec le soleil qui passe par le nord. Yes ! Ils se lève toujours à l’est pour se coucher à l’ouest, mais entre temps c’est plus compliqué. Quant à la lumière, quelle pureté ! (oui je sais c’est lié à la couche d’ozone et à l’absence de pollution)

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