Bali

Bali quand on en parlait avant de partir, on disait souvent comme pour s’excuser, qu’on s’y arrêtait parce que c’était sur notre route. Comme si ça ne rentrait pas dans le cadre d’un tour du monde. Trop touristique, trop cher, trop voyages de noce.

Nous avons fait le choix de nous y arrêter quand même, y sommes restés quinze jours et évidemment nous ne le regrettons pas.

Notre chance c’est que nous étions dans la basse saison. Nous avons trouvé des logements abordables et magnifiques, et dans chacun il y avait très peu de monde.

Nous avons fait le choix aussi de ne pas vouloir tout visiter de l’île. On avait besoin et envie de nous poser. Nous avons donc été dans le Nord Est à Amed, puis dans l’île Gili Air près de Lombok, à Ubud au centre et enfin à Jimbaran dans le sud pour finir. Nous aurions aimé aller plus au Nord vers Munduk, voir les forêts et les montagnes mais ce sera pour une autre fois, ou pas. Bali, c’est quand même un peu loin de la France.

Etre à Bali fin janvier était aussi un bon et doux moment pour penser à Camille. S’offrir de la douceur est un vrai remède à la mélancolie. Bon, évidemment, l’année prochaine j’irai trouver la douceur en me baladant sur la plage de Pornic et ce sera bien aussi. Moins bien, mais bien quand même.

AMED

Notre première destination je vous en ai déjà parlé. Souvenez-vous le spa, le cottage au milieu de la végétation luxuriante, la piscine juste pour nous. Le rêve quoi. On a fait quelques balades en scooter pour longer la côte, traversé des villages de pêcheurs. C’était très calme et dépaysant. La spécificité d’Amed ce sont des plages de sable noir et la possibilité de voir des beaux fonds marins. Le temps était un peu capricieux avec de belles pluies tropicales donc on ne s’est pas baigné dans la mer. La pluie tropicale c’est un truc de dingue. En dix secondes tu peux être trempé jusqu’aux os. Comme il fait très chaud, aussitôt la pluie terminée, tu remets le maillot de bain sans problème.

ILE GILI AIR

Nous avions très envie d’aller découvrir cette toute petite île. Sauf que depuis cinq jours, les bateaux ne partaient plus à cause du vent trop fort. Quand est venu l’accalmie, on a sauté sur l’occasion pour prendre nos billets. Ce jour-là, il faisait super beau. Mais le lendemain matin, à six heures, un très gros orage éclate. J’avais lu des récits horribles de voyageurs sur le trajet en bateau par mauvais temps. Genre tout le monde vomit, certains croient mourir. Bref je me lève et je dis à Eric, no way, moi je n’y vais pas. Eric rigole comme d’habitude et me dit, oui, oui bien sûr. No way, lui répétai-je au cas où il n’aurait pas entendu. Les sensations des parcs d’attraction je déteste et je m’imaginais dans leur speed boat dans les vagues démontées. Evidemment l’orage s’est calmé et je suis montée sur ce fichu bateau.

Là où c’est drôle, rétrospectivement j’entends, c’est que juste avant de monter dans ce speed boat (déjà rien que le nom ça me fait peur), une balinaise propose à chaque touriste un médicament. Elle ne donne aucune explication, elle distribue juste ça comme elle donnerait un bonbon. Je vous laisse imaginer ce qui se passe dans ma tête en dix secondes : si elle nous donne un médicament, c’est que ça va être horrible et qu’on va tous mourir. Je me précipite pour avoir un comprimé et je lui en demande même trois. Eric et Coline rigolent en douce, tant pis pour eux j’étais prête à en avaler trois s’il le fallait. Complètement inconsciente, j’avale ce comprimé sans savoir ce que c’est. C’est vous dire la panique qui montait en moi. Marin d’eau douce que je suis. Nous voilà donc à bord et nous partons. Nous sommes une dizaine de touristes seulement. Il pleut et de toute façon on ne voit rien parce que les hublots sont trop hauts. On se croirait plus dans un sous marin qu’un bateau. Je ne peux qu’imaginer les vagues. Ils mettent une musique occidentale à fond. Je ne suis pas sûre que cela me rassure. Vous voulez savoir l’effet de ce médicament ? Et bien je pense que c’est un genre de somnifère car très rapidement je m’écroule de fatigue. Bien joué les Balinais, plutôt que de voir vomir les touristes, ils les endorment. On arrive donc à Gili Air sans encombres et de plus avec un magnifique soleil. Elle est pas belle la vie !

Gili Air c’est vraiment une toute petite île. Pas de voiture, uniquement des vélos et des calèches. Un chemin qui fait le tour de l’ile, des hôtels et des restaurants. Et des belles plages pour contempler et se baigner. Nous louons des vélos et faisons le tour de l’île, c’est très beau, dépaysant, romantique. De toute façon je ne suis pas objective, j’adore les îles.

Nous avons une piscine immense juste pour nous, de quoi faire des longueurs et s’amuser avec bonheur. Et puis des petites ruelles à l’intérieur de l’île où l’on peut découvrir la vie des habitants. Au cœur de l’île une mosquée car nous sommes en pays musulman contrairement à Bali. On se dit que c’est sans doute la dernière fois que l’on entend le muezzin pendant ce tour du monde. Pas sûr que cela va nous manquer.

UBUD

Nous mettons ensuite le cap vers Ubud. Joyau culturel de Bali. Ses rizières, sa végétation luxuriante, ses temples. Nous trouvons une guesthouse très sympa où nous serons seuls pendant quatre jours. Le premier jour nous louons deux scooters pour aller découvrir ces fameuses rizières et ces temples. Au bout de quelques minutes nous sommes sous le charme. C’est tellement beau. Un camaïeu de vert, des bananiers et cocotiers partout. Bali est vraiment un endroit magique. Voilà le décor est planté. Arrive maintenant l’histoire rigolote ou dramatique du jour, cela dépend du point de vue. Vous le savez si vous nous suivez depuis un moment, je suis devenue une adepte du scooter. Sa conduite n’a plus de secrets pour moi, après avoir conduit au Cambodge et au Vietnam de quoi pourrais-je avoir peur sincèrement. Oui mais voilà, il ne faut jamais baisser la garde. J’avais donc la confiance comme on dit, et trop de confiance tue la confiance.

Nous arrivons donc devant un temple en scooter. Dans une petite rue en pente les scooters sont alignés en épi les uns à côté des autres. Eric arrive en premier et je le suis de près. De trop près évidemment. Eric descend de son scooter et décide sans m’en avertir de reculer pour mieux se garer. Ni une ni deux, je descends aussi pour faire de même. Sauf que…mon cerveau donne à mes mains un ordre inverse. Moi je veux reculer mon scooter et ma main, je n’ai toujours pas compris pourquoi, va sur l’accélérateur. Et plus je veux l’arrêter plus ma main continue. Un cauchemar. Je défonce le scooter d’Eric, je lâche en panique le mien qui continue à avancer se rapprochant à vive allure d’autres scooters garés, tout cela sous le regard médusé des balinais, marchands du temple en nombre à cet endroit là. Me voilà donc coincée entre nos deux scooters, Eric a le réflexe d’enlever ma main et de freiner. Et moi pendant ce temps et bien je me coince la jambe sous le pot d’échappement et je me brûle la jambe. Je ne sais pas ce qui m’a fait ressentir le plus de honte, me cramer toute seule la jambe ou voir le regard des Balinais. Passé leur étonnement devant cette situation complètement ridicule pour eux, ils sont tout de suite venus nous aider. Une gentille balinaise est venue m’apporter un sac de glaçon pour mettre sur ma jambe. Elle me dit, ce doit être sans doute la première fois que vous faites du scooter…j’ai eu le culot et l’à propos de répondre, mais non j’en ai fait au Cambodge et au Vietnam. La honte je vous dis. Peur de rien. Où comment s’enfoncer tout seul.

Je vous passe les détails de notre retour à Ubud avec mes glaçons sur la jambe. Je vous épargne aussi les photos de ma jambe, c’est pas beau à voir. On trouve une pharmacie qui me donne une crème à base de placenta. Placenta de qui, de quoi, je ne veux pas le savoir. Et puis j’ai bien senti qu’ils rigolaient aussi dans la pharmacie ou alors je suis devenue parano. La nuit qui a suivi a été forcément difficile et lors de mes insomnies je n’ai cessé de revoir la scène et de me demander pourquoi j’avais accéléré à fond au lieu de reculer.

Le lendemain, frustrée d’avoir écourtée notre balade de la veille, nous sommes remontés sur nos scooters, finalement par miracle assez peu abîmés. On dit souvent qu’il ne faut pas rester sur un échec. C’était beau mais franchement j’avais perdu la confiance. Je suis revenue éreintée. Il faut savoir se poser.

JIMBARAN

Nous terminons notre séjour à Bali par la pointe sud de Bali. Juste un jour voir à quoi ressemblent les grandes plages du sud et admirer un coucher de soleil.

1 commentaire sur “Bali

  1. Que c’est bon de voyager avec vous 3, non 4 bien sur Camille est complètement du voyage.
    Je vous attends pour imaginer le livre qui sortira de ce beau voyage. J’ai déjà l’éditeur à vs proposer °)))))
    Bonne suite de votre périple

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