Le Vietnam, du sud au nord

J’étais impatiente de découvrir ce pays.

Ho Chi Minh

C’est une ville animée et en mouvement tout le temps. Les deux visites, au Musée de la guerre et au Palais de la Réunification étaient intéressantes et un bon début pour comprendre l’histoire de ce pays. Des images fortes et difficiles à voir au Musée de la guerre mais peut-il en être autrement. Passer de l’histoire du Cambodge à celle du Vietnam permet aussi de saisir ce qui les relie. Quelle complexité.

Cela m’a bien fait rire de visiter le Palais de la Réunification, car la décoration et le mobilier m’ont donné l’impression d’être dans les années 70 en France ou encore dans le film Mon Oncle de Jacques Tati. Bon après, quand on sait les décisions qui y ont été prises et qu’on visite au sous-sol le bunker on rigole moins c’est sûr.

Hoi An

Un vrai coup de cœur pour cette petite ville. Je ne suis pas la seule vu le nombre de touristes, mais comme on est hors saison ce n’était pas la folie. Hoi An se trouve au centre du Vietnam sur la côte Est. On avait d’ailleurs trouvé une guesthouse au bord de la mer de Chine. Je ne sais pas si on imaginait se baigner, mais en voyant la couleur de l’eau je ne me suis même pas posée la question.

Ce qui est vraiment chouette à Hoi An, c’est de louer des vélos et se balader dans la campagne. Alors là j’adore. On croise des vietnamiens dans leurs activités quotidiennes, des animaux qui vivent leur vie paisible. On traverse des rizières et je ne m’en lasse pas.

Evidemment tout le monde se retrouve à la nuit tombée dans les rues piétonnes au bord de la rivière, où des multitudes de lampions sont allumés, ambiance magique. Rajouter à cela la nourriture divine et vous avez là tous les ingrédients pour vous sentir bien bien bien.

Et puis aussi le plaisir de se balader au marché et de regarder les fruits et légumes de toutes les couleurs et de toutes les saveurs.

Hué

Nous avons consacré deux journées à la visite de la Cité Impériale et aux Tombeaux des Empereurs. Pour visiter ces tombeaux qui sont dans la campagne autour de Hué, nous avions trois options : prendre un car avec d’autres touristes pour la journée, prendre un taxi privé ou louer des scooters. On a un peu hésité mais pas trop longtemps. Se retrouver en voyage organisé même pour une journée ça nous fait hérisser les poils. Prendre un taxi ça fait vieux. Donc nous restait l’option «on a peur de rien même au Vietnam ». Donc mes amis, je peux le crier haut et fort, j’ai fait du scooter dans une ville au Vietnam et ça, peu de gens peuvent s’en vanter. C’est un truc de malade. J’ai suivi les conseils de ma copine Claire : je ne m’occupe que de moi (ça, j’ai l’habitude), je me fiche des scooters qui sont derrière moi (tant pis pour eux), je trace et puis c’est tout. Une fois que nous étions sortis de la ville c’était quand même bien plus cool.

Les tombeaux des empereurs c’est sympa. Ce n’est pas non plus délirant. Il y avait très peu de monde et la nature était bucolique. La cité impériale ou la cité interdite il n’en reste pas grand chose. Il faut de l’imagination pour se représenter la vie ici. Bref je ne garderai pas un souvenir impérissable de notre passage à Hué. Sauf d’avoir fait du scooter quand même;-)

Ninh Binh

On se souviendra de l’arrivée à Ninh Binh. Partis le soir en bus couchette, on nous jette à 4h30 du matin dans une rue déserte de la ville sous la pluie. Nous sommes les seuls à descendre. Ok, donc maintenant on fait quoi ? Ben on attend. Une demi-heure plus tard un gars passe en voiture et nous propose de nous emmener à notre hôtel à 10 km. On lui dit que c’est un peu tôt pour débarquer. Il nous dit no problem. Ouais on aurait dû se méfier. Il nous dépose en pleine campagne dans la nuit devant évidemment une grille fermée. L’aventure c’est l’aventure dirait l’autre.

La Baie d’Halong terrestre nous a bien plu. De belles balades à vélo dans un décor de pics karstiques. Un paysage sous la brume et plein de douceur. Une balade en barque où pendant une heure et demie nous étions seuls au monde avec notre rameur vietnamien. Il nous a fait passer dans des grottes magnifiques. J’avoue que dans la dernière je n’en menais pas large moi qui suis un peu claustrophobe. Le noir complet pendant un moment qui m’a paru interminable. Nous avions deux petites lampes de poche pour éclairer les parois. Quelques chauves-souris… Mais cela valait vraiment la peine car les stalactites étaient magnifiques. Comme c’était un aller-retour, j’ai donc eu droit deux fois la frousse. Franchement j’aurai pas aimé que la barque se renverse. Avec Coline on s’est dit que c’était une ambiance parfaite pour un film d’Harry Potter. Notre rameur était fort sympathique. Il ne parlait pas anglais mais par des mimes il nous a montré plein de choses. Comme le personnage de Christian Clavier dans Les Visiteurs, il terminait toutes ses phrases par un Ok retentissant. Bref il nous a bien plu jusqu’au moment de l’arrivée où Eric lui donne un pourboire qui manifestement ne lui suffisait pas. Son changement d’attitude m’a déçu. Ben mon gars où il est ton super humour ? Toujours ce rapport à l’argent qui gâche tout. Dommage mais c’est comme ça.

La Baie d’Halong ou la Baie de Lan Ha

Nous avons choisi de visiter la Baie de Lan Ha qui est voisine de la Baie d’Halong. Les paysages sont les mêmes et les prix eux sont bien différents. La ville de Cat Ba en elle-même est horrible. Des hôtels construits les uns à côté des autres sans aucun charme. C’est dommage parce que la baie est magnifique. J’avais repéré dans des blogs de voyageurs une agence qui propose de visiter la baie de façon sportive. C’est pour nous ça. Nous avons donc choisi de découvrir la baie en kayak pendant une journée et non sur un bateau. C’était vraiment extra. Nous étions quatorze, évidemment que des jeunes à part Eric et moi. Le guide, Antoine on l’a tout de suite adoré. Passionné, souhaitant vraiment faire partager la beauté de la nature, drôle, joueur. Bref un gars comme on les aime. Le matin après une heure en bateau, nous avons pris nos kayaks. Antoine nous a emmené dans des coins où nous n’avons croisé personne. Incroyable. C’était vraiment magique. Pour le déjeuner nous sommes remontés sur le bateau où nous avons retrouvé quelques autres jeunes qui eux avaient choisi de faire de l’escalade. Le repas était absolument divin. De toute façon la nourriture vietnamienne est un régal. L’après-midi nous avons découvert, à nouveau sur nos kayaks, la vie des familles vivant sur l’eau. Les fameux villages flottants. On imagine combien la vie est dure sur ces maisons de fortune tellement fragiles. Ils ont beau habiter dans un paysage qui nous paraît féerique, y vivre c’est autre chose.

Sapa au nord du Vietnam

On vous le dit tout de suite, venez à Sapa en septembre. C’est le moment où les rizières recouvrent leurs plus belles couleurs et où il fait beau. Un guide vietnamien nous a dit que le ciel bleu en hiver c’est miraculeux. C’est clair il n’y a pas eu de miracle. Mais comme tous les amis qui ont été au Vietnam nous ont dit d’aller faire un trek à Sapa, on s’est dit qu’on ne pouvait louper ça. Nous avons effectivement lu combien cette région habitée par les minorités ethniques vaut le déplacement. Nous scrutons donc à Hanoi une éclaircie possible et quand elle se présente, nous partons de bon matin pour 6 heures de bus.

L’arrivée à Sapa est pluvieuse et nous n’y voyons pas à 2 mètres. Etrange ambiance dans cette ville, on passe tout près d’un lac qu’on distingue à peine et on ne croise pas grand monde. On trouve notre hôtel et on va de suite prendre des renseignements pour organiser un trek dans une agence recommandée dans le Routard. Très bon accueil et plusieurs propositions s’offrent à nous. Nous choisissons de partir avec un groupe pour deux ou trois jours. Nous pouvions partir tous les trois avec un guide mais nous avons envie d’être avec d’autres. L’expérience de la journée en kayak où nous avons bien ri avec le groupe reste dans nos mémoires. Bon, notre seule crainte c’est de nous retrouver avec un groupe de chinois qui crie et se prend en photo devant chaque fleur. Remarque vu que c’est l’hiver il ne doit pas y avoir beaucoup de fleurs c’est peut être notre chance.

Avant de partir nous découvrons dans notre hôtel les lits chauffants. Incroyable invention ! Mais on veut les mêmes à la maison avec Coline. Trop bien ! Comment va t’on avoir envie de partir en trek et dormir dans le froid après avoir connu ça…

Bon évidemment on part quand même. A peine arrivés à l’agence on voit ce que je redoute. Non, pas des chinois, mais des femmes en costume qui attendent ou plutôt qui nous attendent. J’avais lu sur différents blogs que l’on ne peut faire deux pas sans être abordés. Je n’imaginais quand même pas l’escorte qui allait nous suivre. En fait c’est le principe, chaque groupe de marcheurs est accompagné de quatre ou cinq femmes pendant le trek. Bon mettons les choses au clair tout de suite, le mot trek est galvaudé ici. On parlera plus de balade champêtre. Mais, et cela nous a beaucoup fait rire, pour donner du piquant à cette balade, il y a une ruse. Au lieu de marcher sur la route, nous passons juste au-dessus ou au-dessous histoire de bien patauger dans la boue. Et c’est là qu’ils sont très forts dans leur organisation, parce que beaucoup de personnes ont besoin d’aide si elles ne veulent pas s’étaler la tête la première dans la gadoue. C’est donc là qu’interviennent les femmes des ethnies pour donner la main et secourir les pauvres touristes incapables de tenir debout. Sauf qu’avec nous ça ne marche pas. Je préfère glisser et être recouverte de boue que de me faire aider. De la fierté mal placée penseront certains, je dirai plutôt que je ne supporte pas les relations hypocrites. Ces femmes sont là pour nous vendre des produits made in China et non pour échanger avec nous sur leurs modes de vie. Les relations biaisées je n’ai jamais su faire avec. Même si je sais évidemment que cet argent est important pour elles. Mais que sur mon front il soit écrit, ici touriste à plumer facilement, non je n’y arrive pas.

Nous sommes un petit groupe très sympa avec une guide pleine d’énergie qui nous raconte la vie dans les montagnes. Le soir nous sommes cinq à rester dormir dans un village alors que les autres rentrent à Sapa. Les frileux quoi. On arrive dans une famille. C’est simple, une pièce à vivre et au-dessus un dortoir. On a de la chance il ne fait pas trop froid. Coline est heureuse, trois chiens l’accueillent avec enthousiasme. Je vais bientôt pouvoir faire un album photo intitulé Coline et les animaux. La famille ne parle pas anglais donc peu d’échanges mais on est bien. Le soir, tout le monde trinque à l’alcool de riz. Quelle capacité à boire, il semble que ce soit d’ailleurs un réel problème ici.

Avant d’arriver chez cette famille, on a bien ri une nouvelle fois. La guide nous demande, vous voulez le short way ou le long way ? Nous répondons tous les cinq en choeur le long way évidemment. Et elle nous fait donc crapahuter dans la boue vers les hauteurs du village pour ensuite redescendre. Prendrait-on les touristes pour des crétins dans cette région !

Heureusement la deuxième journée fut plus sportive. Toujours dans la gadoue mais on s’y fait. Nous traversons aussi des forêts de bambou et c’est bien pratique un bambou pour ne pas tomber. Nous avions hésité à faire trois journées mais finalement on est bien content de s’arrêter là vu l’état de nos chaussures et pantalons.

Bac Ha

Nous sommes partis découvrir le marché du dimanche où se retrouvent toutes les ethnies de la région.

Hanoï

Nous choisissons de séjourner dans le vieux quartier. Nous aimons d’emblée cette ville. Pleins de petites rues très animées, le lac, des quartiers différents. Nous visitons le musée de la Femme qui permet de comprendre le quotidien des femmes au Vietnam. Leurs rôles pendant la guerre.

3 commentaires sur “Le Vietnam, du sud au nord

    1. Super Elizabeth pour l’humour qui donne aussi de la légèreté à beaucoup de situations simples ou cocasses
      Décidément tu ne seras jamais la parfaite touriste !!
      Un détail les couleurs des habits sont magnifiques et tranchent véritablement dans cette ambiance générale

  1. C’est seulement en cette fin du mois de mars que je prends le temps d’aller « poser mon regard ailleurs » lâchement installée devant mon écran au lieu de patauger dans la boue, me trouver en pleine nuit devant un hôtel fermé et autres joyeusetés que vous prenez avec philosophie et font mon admiration. Pour des retrouvailles je ne pouvais trouver mieux que la Baie de Lan Ha ! La photo des kayaks passant sous l’arche est sublime et les photos colorées et les sourires des femmes très sympa. J’apprécie votre regard distancié sur le « tourisme du XXIème siècle » et ses conséquences sur les populations, même dans des coins que l’on aurait cru reculés.

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