Premiers jours au Vietnam et déjà des histoires de bus ;-)

C’est avec 2 jours de retard que nous arrivons sur ce sol tant attendu…. Coline et moi avions reçu notre e-visa, quant à Elisabeth elle a été recalée, puis acceptée 3 jours plus tard. A plusieurs reprises, aux frontières, Elisabeth pose « problème » et on ne sait pas pourquoi.

Passer la frontière terrestre entre le Cambodge et le Vietnam c’est marrant. Déjà dans le bus, le G.O. chargé de nous chaperonner tout au long du voyage, nous demande 2$ par pers. pour faire les démarches à notre place. Je lui explique que je n’ai pas bien compris et que nous allons faire les démarches nous-mêmes. Il n’insistera pas, Elisabeth et moi avions le ton et le regard bien déterminés. Et oh, nous ne sommes pas des lapins de 6 semaines, on a quelques kilomètres au compteur mon garçon. Il nous explique que nous n’aurons pas le temps de déjeuner. Ok ! Une jeune italienne se joint à nous, alors que les 35 autres du bus choisissent la prise en charge. Lors du passage de la frontière (les autres sont au restau), notre gars nous dit de le suivre (faudrait pas mettre tout le bus en retard). Nous marchons 300 mètres au milieu des bus et camions, pour arriver au poste frontière du Vietnam. Là, surprise, dans le hall au moins 200 personnes attendent devant des guichets fermés, sauf celui de droite, réservé aux compagnies de bus qui arrivent avec des piles de passeports….. et des billets ($) glissés entre. On se faufile derrière notre gars et on donne nos 4 passeports sous le regard médusé des autres. Là, nous restons sur le côté à attendre que nos passeports soient tamponnés et observons ce qui se passe. Des vietnamiens et cambodgiens déposent individuellement leurs passeports avec 1 ou ou 2 $ glissés à l’intérieur, sans que cela soit trop visible mais un peu pour que le douanier fasse vite. Et ça fonctionne ! Nous concernant, on attend un peu dubitatif, surtout lorsque le gars du bus me demande si j’ai mis un billet avec les passeports. Euh ben non et il me regarde, pensant que je suis un peu fada et que je n’ai rien compris au système. On attend… longtemps, on nous demande de nous reculer… puis on revient tout prêt du guichet et soudain mon passeport apparait de façon improbable, tamponné et avec les bonnes dates, celui de l’italienne aussi mais pas ceux des filles. Étant passé sur le côté, je vois celui d’Elisabeth entre les mains d’un douanier, le confier à un civil qui va noter des informations sur un grand cahier…. et qui revient pour le faire tamponner et nous le rendre avec celui de Coline. Notre gars du bus n’en revient pas, semble nous féliciter et il récupérera les 35 autres passeports une heure plus tard ! Circulez, il n’y a rien à comprendre, nous avons même eu le temps de déjeuner 😉 Je pense que nous avons eu beaucoup de chance (versus « j’aide la chance ») et que s’il y avait eu moins de monde ce jour là, les douaniers nous auraient demandé 1 ou 2 $ par personne, pour avoir le tampon.

Nous débarquons à Ho Chi Minh (Saïgon pour les anciens), ville en pleine effervescence et au développement économique insolent pour un pays communiste. Tiens, nous retrouvons les klaxons et des embouteillages monstres de scooters. Cela donne le tourbillon. Nous logeons en plein milieu du quartier des routards et touristes qui veulent faire la fête. Oups, c’est bruyant, totalement surréaliste et à l’opposé de notre vision du voyage. Mais comme on adore les grands écarts et passer d’un environnement à un autre, nous sommes servis.

Nous plongeons dans ce pays en commençant par des visites nous retraçant l’histoire et principalement celle de ces 60 dernières années (bien sûr on complète les infos données par la propagande communistes, par des recherches sur le net pour faire la part des choses). Allez c’est reparti, comme dans de nombreux pays, le Vietnam a connu la guerre, les atrocités, des souffrances incroyables (visibles encore aujourd’hui -malformations chez les nouveaux nés, liées aux produits chimiques largués sur la population et les plantations-) et c’était il n’y a pas si longtemps que cela. Là, on se dit que s’ils sont hostiles à notre égard (français et américains) on pourrait les comprendre. Mais non, ils sont vraiment sympas avec nous. Tenter de comprendre le passé d’un pays, pour en saisir le présent et imaginer son futur, c’est passionnant.

Bon, ce n’est pas tout, il nous faut reprendre un bus pour remonter vers le nord. Oui, on a pensé à l’avion, mais non, on a opté pour 24h de voyage en bus. Comme des grands, sans passer par une agence, nous avons cherché la bonne compagnie de bus (recommandée par le « Routard ») et qui coûte 2 fois moins cher que celles pour les touristes. Lorsque nous débarquons au terminal de bus et patientons sur de minables chaises oranges, Elisabeth et Coline me disent « euh on est les seuls étrangers », ça augure le bus pourri pensent-elles. Ben oui, ça je m’en doutais, j’avais vu le terminal de bus sur internet (pas très glamour et couleur locale). Enfin nous accédons au bus… celui avec des sortes de couchettes, qui initialement faisait rêver les filles. Déjà nos places choisies sur le site internet ne sont pas les mêmes dans la réalité, ce qui nous énerve un peu. Et comme nous ne comprenons pas le vietnamien, on nous parle un peu fort pour nous expliquer que c’est là et pas ailleurs. On s’allonge alors dans nos sièges/ couchettes à hauteur du sol (c’est bizarre comme sensation). On glisse nos pieds nus (faut enlever ses chaussures avant de monter dans le bus) dans un caisson….. prévu pour des personnes faisant du 38 fillette, et là je comprends que je vais devenir contorsionniste des pieds avec mon 46. Bref, la déception est grande pour les filles ; oui c’est un bus avec des couchettes mais il n’est pas de la dernière fraicheur et des bêtes se promènent dans les coursives. Elisabeth dit « mauvais point pour le guide du Routard ! »

Il est 13h et nous prenons la route pour un voyage prévu jusqu’à midi le lendemain. Notre trajet débute au milieu d’une circulation très très dense et ce, pendant plusieurs heures. Comme en Inde et en Iran, le bus roule plus vite que les voitures et les camions et il se faufile entre les piétons, scooters, charrettes…. Muni d’un klaxon surpuissant, il pousse, dépasse et franchit tout ce qui fait obstacle. Et hop je dépasse par la droite (sur une route à deux voies !), puis par la gauche avec des véhicules en face où tout l’art réside dans le coup de frein brutal juste avant un grand coup de volant pour se ranger entre deux camions. Le chauffeur se prend pour Michael Schumarer à son heure de gloire. La nuit est déjà bien entamée et Elisabeth me fait part de son inquiétude en pensant qu’il n’y a qu’un seul chauffeur pour conduire 24h. Ouf, peu de temps après un autre chauffeur apparait, il dormait depuis le départ au fond du bus. Sa conduite n’a rien à envier à celle de son collègue. La seule différence c’est qu’il parle très fort et rigole tout le temps…. au moins il ne dort pas me dis-je….. les passagers non plus ! Drôle d’habitude, lorsqu’ils s’arrêtent la nuit, ils crient un grand coup et allument les lumières….. pour que tout le monde aille aux toilettes. Surprise, à 1h53 du matin, arrêt au milieu de nulle part, on descend et Elisabeth pense qu’il y a des toilettes…. puis comprend qu’il faut faire derrière le bus, ne fait qu’à moitié, remonte puis sort à nouveau pour me rejoindre dehors et trouver un coin plus tranquille avec moi, pour finir… lorsque le chauffeur rallume ses phares dans notre direction. C’est comique. Juste avant, comme c’est plus facile pour un garçon, je trouve un endroit seul et un gars vient se coller à moi (il doit penser que c’est un bon spot)… alors qu’il y a un vent à décorner des bœufs et qu’il faut bien choisir sa direction pour uriner ! Et nous revoilà repartis dans notre bus, bien réveillés, à tenter de nous rendormir. Dehors, c’est la tempête, il pleut beaucoup et notre bus semble être comme un navire chahuté, au milieu de l’océan mouvementé. Nous comprendrons au petit matin que des trombes d’eau se sont abattues sur la région. D’ailleurs la soute à bagages a pris l’eau, le sac à dos d’Elisabeth (pourtant protégé par une housse résistante) baignait dans l’eau et toutes ses affaires sont trempées. Elisabeth est restée super zen. Notre voyage se termine par une heure dans un autre bus (euh un vieux tacot dont les portes ne ferment pas) pour arriver à destination. Pour le prochain long trajet, on va peut être essayer le train, à suivre.

Voilà, c’est sous la pluie et une mer déchainée que nous sommes arrivés à Hoi An, une des plus belles cités du Vietnam parait-il. On l’a découverte le soir et c’était féérique. Bon, on a choisi un logement dans une sorte de Guesthouse gérée par des jeunes occidentaux (on dirait une communauté, avec le portrait du Ché en grand !) près de la mer… démontée. Il parait que c’est super agréable de s’y baigner (cf des routards croisés il y a une semaine et avec qui on a échangé des bons plans). On s’adapte à l’humidité ambiante, on a opté pour le vélo pour rejoindre la ville par les rizières et la pluie est venue nous rejoindre en cours de route. On se serait cru en Bretagne à Groix et cela nous a bien amusé. Nous avons même décidé d’y rester un jour de plus : non mais, on veut voir cette ville avec une pointe de soleil, juste quelques minutes !

9 commentaires sur “Premiers jours au Vietnam et déjà des histoires de bus ;-)

  1. Bonjour les amis,
    Je vous souhaite une très bonne année 2019 avec de très belles découvertes dans la suite de votre périple.
    Merci de vos récits qui nous font aussi voyager dans des conditions un peu plus confortables.
    Bises à tous les trois
    Michel

  2. Merci de tous vos reportages qui nous transportent vers des terres inconnues pour nous.
    Ce message est un essai. Je vous écrirai plus longuement demain.
    Je vous embrasse tous les trois.

  3. Bonjour les amis !
    Je prends régulièrement de vos nouvelles sur votre blog. Merci de tout ce que vous partagez avec ceux restés au pays et qui rament un peu en ce moment pour conserver leur optimisme! Je déguste vos récits parfois cocasses, parfois touchants dans lesquels il y a toujours la curiosité d’aller rencontrer l’autre!
    Et je n’oublie pas : très belle année 2019 à vous ! Je vous embrasse.

  4. Avant de trouver à nouveau un peu de temps pour aller voir votre blog, j’ai quand même pensé à vous trois en ce fin/début d’année qui ici reste agité par une profonde contestation sociale, et des gilets jaunes dépassés par des casseurs et extrémistes en tous genres… Je me suis dit qu’au moins vous échappiez à cette ambiance plombante.
    Je suis ravie de vous retrouver et j’ai bien ri à la lecture du passage surréaliste de la douane, votre car couchettes et l’arrêt pipi !! Bonne continuation en ce début 2019.

  5. Salut les globe trotteurs!
    Toujours passionnants vos récits.
    Quel voyage!
    J’en profite pour vous souhaiter une très belle année.
    On aurait aussi plein de choses à raconter sur ce se passe ici et combien les choses vont en s’accélérant….
    Plein de belles pensées

  6. Merci beaucoup Eric pour ces leçons de vie que tu nous donnes et tes témoignages qui me font quelquefois monter les larmes aux yeux et aussi , la plupart du temps quand même, bien sourire .J’ai plaisir à vous suivre tous les trois .Bon courage à vous
    Viviane d’Auchan ( eh oui , issue d’ une autre vie… je sais)

  7. Bonsoir les amis,
    Cela fait plusieurs jours déjà que j’ai lu votre article et d’autres que j’avais en retard… c’est toujours un moment merveilleux pour moi de lire vos tribulations. Je m’apprête à partir « en touriste » une semaine sur la mer rouge Et je me dis qu’il est certain que mes vacances de touriste ne ressembleront pas à votre tour du monde.
    Il y a un peu d’envie de ma part mais aussi beaucoup de réalisme.
    Mes projets aujourd’hui ne sont pas là-bas avec vous, ils sont ici avec les gens d’ici, qui souhaitent une vraie transformation. Pas une transformation comme celle des gilets jaunes qui semblent demander à «l’extérieur » de résoudre des problèmatiques « intérieures » de mon point de vue.
    Une transformation de solidarité et d’amour pour soi d’abord qui rejaillit sur les autres .
    Toujours aussi utopiste ? Mais oui , et tant que je gagne, je joue😉comme disait la blague de ma jeunesse…
    À lire entre les lignes, je suis sûre qu’à votre retour vous allez nous inspirer et nous permettre d’avancer grandement sur le chemin de la solidarité et de l’amour de soi. Nous sommes tellement complémentaires et unique sous une apparence de séparation. Profitez bien.
    Je vous embrasse chaleureusement et vous remercie du voyage que vous faites,
    en apparence extérieur, Mais qui me fait voyager à l’intérieur.
    Bien amicalement
    Sandrine

  8. Bonjour vous 3,

    Quel voyage merveilleux vous nous faîtes vivre……………….Dans des endroits merveilleux inconnus pour la plupart voire beaucoup inconnus pour moi. Grâce à vous, je les découvre avec un immense plaisir.
    Je vous souhaite une Magnifique année 2019 avec un superbe départ
    Je vous embrasse très fort

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