Cambodge, la vie avant tout !

C’est par la route et une frontière à la réputation sulfureuse (corruption, trafics) que nous entrons au Cambodge….. sans difficultés (l’e-visa évite de se faire avoir).

En voyant défiler le paysage, rizières, habitations sommaires sur pilotis, mon cœur se serre en pensant à deux choses : tout d’abord à mon frère et son histoire, qui y vécut et dont deux enfants sont nés au Cambodge. Et bien sûr, je pense à ce peuple décimé (environ 20%) par un régime idéologique et politique fou, entre 1975 et 1979. Sur ce dernier point, j’écrirai un post après avoir « visité » le musée du génocide à Phnom Penh.

Le Cambodge me charme et parfois me déroute.

Charmé par les visages, cette jeunesse qui saute aux yeux, tous ces enfants dans les campagnes qui vont à l’école et les paysages. Certes, cela fait un peu image d’Épinal pour les enfants, mais en plus ils sont beaux et j’ai l’impression de croiser mes neveux plusieurs fois par jour. Quant aux rizières avec une belle lumière et si en plus c’est au soleil couchant, c’est un vrai régal pour les yeux et l’esprit.

Le rapport avec les cambodgiens est simple et beaucoup de situations trouvent une solution par le sourire. Bien sûr (au risque de me répéter depuis 4 mois), dès que nous sommes dans une zone -trop- touristique les rapports sont différents. Le touriste est parfois -souvent?- un con qui voudrait que les locaux s’adaptent à tous ces désirs et inversement, la partie adverse ne voit que le porte monnaie ambulant, avec tous les excès que cela comporte (abus et arnaques). Difficile pour nous de leur dire : « eh oh, nous sommes là pour autre chose, vous découvrir et ne nous prenez pas pour ceux qui vous regardent de haut ».

La barrière de la langue trouve vite une limite pour les échanges plus profonds, voire les échanges tout simplement. Alors le meilleur moyen pour moi, c’est de les observer, d’échanger des regards et des sourires, tant de choses permettent de comprendre. Étudier leur mode de vie, les habitudes, les rapports hommes femmes, comment les enfants sont traités (ici, la tape semble amicale!), la conduite, les bruits émis, les rapports de force -ou non- sont autant d’indices qui me fascinent et en disent long. Les cambodgiens observent beaucoup Coline et les regards sont appuyés.

Une surprise de taille, contrairement à tous les autres pays traversés, je croise si peu de personnes d’un certain âge (entre 65 et 90 ans). Chaque jour j’essaie de me souvenir et ce sont au maximum 2 à 3 visages ! Pour des centaines d’enfants et de jeunes. Et oui le Cambodge a plus que doublé sa population (de 6,5 à 16 millions) en moins de 40 ans. Bref, les jeunes sont partout et la génération décimée au cours des années 70, manque cruellement. Que peut devenir un pays sans une génération qui passe le relais et raconte l’histoire ?

Le Cambodge c’est aussi une douceur de vivre, où tout semble possible : créer son activité, faire presque ce que l’on veut, sont à porter de mains des audacieux, sans percevoir trop de contraintes.

Parallèlement, se plonger dans la civilisation Khmer (entre 9ème siècle et le 14 ème) nous enseigne qu’ils étaient très avancés et que par exemple, sur le site d’Angkor (surface étendue), ils étaient près d’un million à y vivre. Incroyable ! Et puis à un moment, à la suite d’invasions et de la faiblesse de différents rois, tout s’est arrêté.

Pour ce qui me déroute plus, c’est le développement anarchique du tourisme et de l’économie. Tout semble fait à l’envers et en copiant les mauvais modèles. Il suffit de se reporter au post sur la Thaïlande qui concerne le tourisme et la prostitution. A tel point que Coline, lorsque nous croisons un vieux monsieur accompagné d’une jeune femme cambodgienne, me glissait à l’oreille plus loin « connard ! ». C’est bien, elle réagit et se rend compte que tout n’est pas rose en ce bas monde.

Il semblerait aussi que de gros investisseurs chinois possèdent des casinos et tout ce qui va avec à Sianoukville (ils investissent un peu partout). Le développement part dans tous les sens et les périphéries de Phnom Penh me donne l’impression d’une usine géante, tout de même à l’abri des regards. Il faut venir dans ces pays pour comprendre que la main d’œuvre est très bon marché, jeune, malléable et que les conditions de travail sont si différentes (sur un chantier à côté de notre hébergement, des ouvriers travaillent toute la nuit en haut de l’immeuble et sans être attachés), que les normes de sécurité sont très éloignées des nôtres et que le mot écologie ne doit pas exister dans le cahier des charges de fabrication. Bref, passer ici sans se poser quelques questions serait faire preuve d’un profond aveuglement.

Et puis, il y a cette règle tacite sur la route, rencontrée depuis le début de notre périple (sauf en Thaïlande) : le plus gros est le plus fort et c’est lui qui passe et qui gagne toujours (cela fait office de code de la route) . Cela correspond aussi à la façon de voir l’organisation sociale se dessiner. Le plus fort et le plus riche (le plus riche est le plus fort) maintiennent les autres dans leurs conditions. C’est simple et cela correspond à un dérivé -organisé- de loi de la jungle. L’état n’existe pas ou si peu et ceux qui sont chargés de faire respecter les règles -lesquelles d’ailleurs ?- se servent en premier.

Alors de ces différentes étapes au Cambodge, je retiens la vie (vigueur) que l’on ressent au travers de cette belle jeunesse et qui transpire un peu partout, mais pour aller vers quoi et où ? C’est vraiment la question que je me pose si souvent depuis le début de notre périple. Si c’est vers le même modèle de réussite que nous, sans les avantages et une certaine sécurité (sociale, solidarité….), le réveil risque d’être un peu violent.

2 commentaires sur “Cambodge, la vie avant tout !

  1. Joyeux Noël à vous trois . Que les futures découvertes du monde vous soient toujours aussi enrichissantes . On vous accompagne autour de ce tour du monde avec toujours autant d’intérêt et de plaisir .

  2. À vous trois , un JOYEUX NOEL. Je vous adresse un petit message ,qui s’adresse à nous tous ;
    « S’il y a de la JOIE, c’est que nous sommes en train de nous réaliser .
    Et c’est aussi dans notre cœur qu’il faut construire la PAIX.
    Belle et douce année 2019, sur ce chemin qui reste à construire . »
    Je prends beaucoup de bonheur à vous suivre .
    Continuez à nous faire vibrer par votre force de vie.
    Il n’est pas d’hiver sans neige , de printemps sans soleil et de JOIE , sans être partagé.
    La PAIX commence toujours par un sourire et un sourire en attire toujours un autre…même au bout du monde !
    Avec toute mon amitié.

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